La montée en puissance de l’opinion publique


En Polynésie comme en métropole, le mouvement antinucléaire comptait des militants mieux formés et informés. De plus, les arguments d’associations et de mouvements plus « spécialisés » sur les problèmes nucléaires, tels le Groupement des scientifiques sur l’énergie nucléaire, le Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits, la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité, l’Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire, Stop Essais…
allaient balayer les argumentaires scientifiques officiels.

A partir de 1975, en Polynésie, en métropole, en Europe et dans le Pacifique, la mise en cause de la poursuite des essais souterrains allait principalement reposer sur l’action de quelques associations, peu nombreuses, et surtout sans le soutien des « partis de gouvernement ». Les manifestations et publications militantes ne prirent pas fin avec l’arrêt des essais atmosphériques.

En Polynésie, la création du Ia Mana te Nunaa en 1976 et du Front de Libération de la Polynésie-Tavini Huiraatira en 1977 apportera une critique virulente des essais nucléaires dans un paysage politique « aligné » sur les gouvernements successifs de la France. Il y eut cependant, suite aux accidents de juillet 1979 à Moruroa, un dernier baroud d’honneur de quelques élus de l’Assemblée territoriale demandant la création d’une commission d’enquête territoriale et la venue de radiobiologistes « impartiaux ». La résolution de l’Assemblée fut votée à l’unanimité, mais elle se concrétisa par une visite de propagande d’élus polynésiens à Moruroa.

Désormais, en Polynésie, et jusqu’en 2004 avec l’arrivée au pouvoir d’une coalition autour des fondateurs du Tavini Huiraatira et du Ia Mana te Nunaa, l’opposition aux essais nucléaires à Moruroa sera considérée comme un débat « politique », voire comme une « délinquance » lorsque quelques militants autour de Charlie Ching firent le choix de l’action violente.

En 1981, la gauche au pouvoir à Paris ne renonce pas aux essais nucléaires, elle tente cependant de les justifier en les faisant cautionner par des missions dites « scientifiques ». L’objectif du pouvoir parisien – quel que soit sa composition politique – était de tenter, comme dans les années 1970, de prouver l’innocuité des essais nucléaires souterrains au travers des rapports des missions Tazieff, Atkinson ou Cousteau. Cette tentative de justification « scientifique » des essais nucléaires fut néanmoins mise en échec.




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