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L’arrêt définitif des essais nucléaires à Moruroa ne signifie ni la fin des « expériences » ni la fin des armes nucléaires françaises.

En fait, au milieu des années 1990, la France et les autres grandes puissances nucléaires avaient engrangé suffisamment de données avec les essais aériens puis souterrains pour maintenir en état et même moderniser leurs arsenaux nucléaires. Déjà, les ingénieurs militaires avaient commencé depuis des années à modéliser en partie les armes nucléaires à mettre en service et celles du futur dans les « laboratoires » avec des systèmes informatiques ou des lasers de puissance.

Dès le début du programme nucléaire français, plusieurs laboratoires de la Direction des Applications Militaires du CEA disposaient d’installation laser (à Limeil, en région parisienne), de systèmes informatiques de grande puissance (à Bruyères-le-Châtel, en région parisienne) et de modélisation des explosifs chimiques (à Vaujours, en région parisienne ; au Ripault, près de Tours) et des « terrains d’expérimentation » (à Moronvilliers, près de Reims ; au Barp, près de Bordeaux).

Ayant intégré un demi-siècle de progrès scientifiques, le CEA n’avait donc plus « l’impérieuse nécessité » de faire des essais en réel à Moruroa. Dès le moratoire décidé par François Mitterrand en 1992, la France a mis en route un programme intitulé « Préparation à la limitation des essais nucléaires » ou PALEN. A partir de 1996, PALEN fut « baptisé » programme de « simulations » des essais nucléaires. On fit alors du « Méga » pour le Laser « Mégajoule », puis du « Péta » après le « Téra » pour les ordinateurs « Péta flops » et, avec certitude, de « méga budgets ».

En plus de son objectif officiel de « modélisation en laboratoire » des armes nucléaires françaises du futur, les « simulations » cachaient au moins deux réalités. En premier lieu, le CEA sauvait son budget pour les armes nucléaires en conservant pratiquement la même enveloppe financière que du temps des essais en « grandeur nature ». Pour le CEA, il fallait conserver des « cerveaux » adaptés à la modélisation des armes nucléaires et de l’argent pour attirer les chercheurs. Mais en second lieu, l’emploi de l’expression « simulations » laissait imaginer des expériences de laboratoire. Bref, de retour en France, le CEA pouvait faire réellement des « essais propres » !


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