Les conséquences radiologiques des tirs souterrains


Au moment des raz-de-marée provoqués par quelques tirs souterrains dans la zone sud-ouest de Moruroa, on s’est surtout préoccupé des risques causés par la vague en retour pour les personnels.

D’autres mesures ont cependant été faites, mais elles sont restées secrètes jusqu’en 1996, au moment de l’expertise demandée par le gouvernement français à l’AIEA.

En effet, les experts de l’AIEA avaient constaté, dix neuf ans après les premiers effondrements, des traces de radioactivité, principalement du tritium qui est la « matière première » des bombes H. Le gouvernement français a dû fournir à l’AIEA les résultats des études secrètes effectuées au cours des années 1980.

Contrairement au discours sur les tirs souterrains « parfaitement contenus » et dont les matières radioactives étaient « piégées dans une cavité de tir parfaitement vitrifiée », les documents de 1996 montrent que plusieurs tirs souterrains avaient atteints la zone des « carbonates » considérée par les géologues comme très peu étanche. Les carbonates sont, en effet, constitués de coraux empilés où la circulation des fluides est beaucoup plus rapide.

Plus grave encore, on apprend dans les documents de 1996 que la contamination est importante dans les zones où des effondrements se sont produits ainsi que les zones où ont eu lieu des tirs sous la couronne corallienne. Les mesures de radioactivité montrent la « remontée » du tritium, du césium et du strontium (produits par la bombe) depuis les cavités de tir est bien réelle. Le rapport de l’AIEA confirme dans un style « feutré » ces fuites radioactives dues à «des essais souterrains à énergie élevée (Nestor ou Enée sous la couronne corallienne dans le secteur 4 et Mégarée sous le lagon) dont la couverture volcanique n’a pas suffisamment confiné les radionucléides produits par ces explosions.»


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